Reçu le 15/10/2020, de B. D. via Info@bois-cambre.brussels

Citoyen(ne) habitant la commune de 1170 Watermael-Boitsfort

Je prends la peine de vous écrire afin que vous preniez conscience des énormes impacts que les nouvelles politiques de mobilité sont sur le point d’engendrer du point de vue économique et les sociétés que je représente en sont le parfait exemple. La fermeture du bois de la Cambre et l’instauration possible d’une taxe kilométrique me contraindront probablement à les déménager en-dehors de Bruxelles.

Les 3 sociétés que je représente, à savoir **** Invest, **** Invest et **** ne sont pas des PMEs mais des sociétés employant directement et indirectement des dizaines de personnes et générant des millions d’euros en revenus à l’Etat (bientôt à la région ?) au travers principalement de l’impôt sur les sociétés. Elles se situent près de l’hippodrome de Boitsfort. Nos employés habitent principalement à Uccle et en périphérie flamande.

La fermeture du bois de la Cambre a engendré depuis 2 mois un chaos invraisemblable aux alentours du bois et cela affecte directement la capacité de nos employés de se rendre en temps voulu sur leur lieu de travail. Qu’ils viennent d’Uccle, de Beersel, de Grand-Bigard ou d’ailleurs, le constat est le même et le temps de trajet de chacun a doublé. L’impact de la fermeture est évidemment visible sur la Chaussée de Waterloo ou de la Hulpe mais elle provoque également d’important déplacement de flux automobiles et des embouteillages monstres en amont (carrefour Engeland, observatoire d’Uccle, etc..).

La fermeture d’une bande de circulation à la hauteur de Glaverbel (générant également de très gros embarras de circulation dans le sens allant vers Boitsfort) étant la cerise sur le gâteau et représente à merveille l’ineptie de politiques aveugles qui consistent à agir dans la précipitation sans se préoccuper des conséquences et tout cela pour un résultat plus que discutable.

Il faut noter qu’il n’y a aucune alternative crédible en transport en commun pour traverser le bois : pas de métro, pas de tram et une seule ligne de bus. Par ailleurs, moi-même et certains employés devons déposer nos enfants à l’école et parcourir de longues distances, rendant impossible l’  alternative de venir en vélo. Ce qui m’étonne également est l’absence de mesures pratiques qui pourraient atténuer le chaos, comme par exemple des feux rouges intelligents qui aideraient à accélérer le flux dans certains sens à certaines heures de pic.

Ces graves entraves à la mobilité sont devenus dans nos équipes un sujet permanent de préoccupation et de conversation au quotidien, à tel point que le sujet d’un déménagement de nos sociétés est arrivé sur la table. En tant que responsable, je n’excluais pas cette possibilité sans toutefois la privilégier à ce stade, la jugeant prématurée.

Cependant, la probable entrée en vigueur d’une taxe kilométrique pénalisant extrêmement fortement les navetteurs (qui représentent une majorité de nos collaborateurs), change encore plus la donne et devrait nous contraindre inévitablement à déménager nos entreprises en périphérie. Il est en effet incompréhensible et inconcevable que des travailleurs doivent payer des taxes totalement disproportionnées et prohibitives afin de se rendre sur leur lieu de travail. Il s’agit en plus d’une discrimination entre Bruxellois et non-Bruxellois.

J’ajoute que cela aura inévitablement des impacts sur le comportement d’achat des habitants de la périphérie. Il sera en effet hors de question de continuer pour ceux-ci de se rendre à Bruxelles pour boire un verre, manger au resto ou faires des emplettes.

Or vous savez que le secteur Horeca n’a vraiment pas besoin de cela..

En ce moment, toutes vos politiques de mobilité consistent à dégoûter les gens de se rendre encore à Bruxelles. Je ne comprends pas trop cette logique, sauf si votre objectif est de transformer la ville en désert économique et d’augmenter la précarité déjà bien présente. J’ose espérer, notamment au travers de ce message, que votre bon sens reviendra et que les politiques de mobilité en cours seront modifiées afin de préserver la qualité de vie de TOUS et la survie économique de la région qui va devoir affronter bientôt les effets de la 6ème réforme de l’Etat.

B. D.

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